Mercredi 3 septembre 2014 3 03 /09 /Sep /2014 00:07

Ayant appris la vie dans les livres, je n’ai pu que constater ensuite combien la réalité était bourrée d’erreurs grossières.

 


Nous croyons encore que l’arbre cache la forêt, alors qu’il n’y a plus derrière que des terrains de football.

 


 

En couchant l’échelle sur l’escalier puis en gravissant ses barreaux, ne serions-nous pas plus vite en haut ?

Par Éric Chevillard
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Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 00:04

Puis, au souffle des vents contraires, mon désespoir fortuitement prit la forme d’un cheval.

 


Une balle dans l’oreille et je serai débarrassé de ce cagneux naviculaire, me dis-je.

 


 

Mais alors il se mit à gagner toutes les courses.

Par Éric Chevillard
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Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 00:09

Il avait traversé des forêts, des déserts, franchi des montagnes et, dans sa thébaïde, au lieu le plus reculé du monde, il avait enfin trouvé la sagesse et la sérénité. Jusqu’au jour où, s’étant juché sur son toit pour y méditer plus à son aise, il aperçut un autre ermite, retiré dans une thébaïde plus éloignée encore que la sienne du trafic vulgaire de ce monde et de ses médiocres passions – et entra alors dans une rage folle.

 


La fameuse ingéniosité de l’homme restera pour moi douteuse tant qu’il ne pondra pas l’œuf de son petit-déjeuner.

 


 

– Je vais te nourrir au sein, mon enfant, dit l’ogresse à son nouveau-né. Une inquiétude passa sur le visage du bébé : ça ne ferait jamais que deux repas.

Par Éric Chevillard
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Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 00:03

en me rapprochant je m’éloigne

comment pourrais-je me réjouir

 


les pieux dans le cœur des vampires

à leurs barbelés je saigne

 


ma fille pour ma mère témoigne

je suis né c’était mourir

Par Éric Chevillard
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Samedi 30 août 2014 6 30 /08 /Août /2014 00:03

C’est une femme légèrement prognathe, à la mâchoire forte, aux dents larges, au front étroit, aux yeux très écartés et plutôt globuleux, si bien que lorsqu’on me la présenta, je crus d’abord avoir affaire à une cavalière que me dissimulait la tête de sa monture.

 


Et je crains donc d’avoir été un peu maladroit en la contournant dans le dessein de la saluer.

 


 

Si vous me lisez, mademoiselle, je vous prie d’accepter mes excuses.

Par Éric Chevillard
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