Dimanche 26 octobre 2014 7 26 /10 /Oct /2014 00:03

Lorsqu’il put enfin s’exprimer, Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron, expliqua qu’il s’était trouvé dans cette misérable condition parce que les miettes qu’il avait semées derrière lui quand ses parents l’entraînaient dans les bois pour le perdre avaient toutes été picorées par les oiseaux.

 


tu sembles sûr d’avoir vécu

de quelle feuille morte te souviens-tu

 


 

(Ces malheureux débuts dans la vie rendent plus admirable encore l’œuvre de prose et de poésie édifiée par Victor tout au long du XIXe siècle. Et l’on ne s’étonne plus que deux millions de personnes se soient pressées à ses funérailles.)

Par Éric Chevillard
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Samedi 25 octobre 2014 6 25 /10 /Oct /2014 00:06

Il est rare en voyage de n’être pas surpris par l’exquise politesse des habitants du pays où nous séjournons, cela quel que soit le pays, et l’on m’a assuré plusieurs fois qu’il en allait de même pour les touristes en visite en France. Que faut-il en conclure ? Pourquoi sommes-nous plus sensibles aux bonnes manières en terre étrangère et nous tenons-nous alors toujours pour des rustres en comparaison ?

 


Peut-être parce que la prévenance s’exprime sous des formes et en des termes qui ne nous sont pas coutumiers, que les manifestations du savoir-vivre émeuvent en nous des fibres moins sollicitées et nous paraissent dès lors d’un raffinement supérieur, tout comme les saveurs inconnues de la cuisine locale.

 


 

Ou encore parce que, nous sentant toujours plus ou moins en situation de faiblesse loin de nos bases, l’affabilité des indigènes nous réconforte, nous rassure, tandis que celle de nos compatriotes nous semble une convention élémentaire de sociabilité.

Par Éric Chevillard
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Vendredi 24 octobre 2014 5 24 /10 /Oct /2014 00:03

Les articles féroces et les éreintements du critique sont toujours plus remarqués que ses dithyrambes et pourquoi cela, sinon parce qu’ils procurent en effet au lecteur plus de jouissance ? Le méchant critique devrait être plutôt appelé christique : il prend bravement sur lui tous les péchés du monde.

 


Si flasque et informe chose qu’un mot non plus ne saurait la circonscrire et que nous risquons calmar, calamar, encornet, poulpe ou chipiron sans être bien sûr d’avoir jamais raison.

 


 

Elle a débusqué un ours qui dormait dans sa tanière. Elle doit maintenant tous les jours lui faire face. La plupart du temps, toutefois, je cueille délicatement des baies sauvages que je partage avec elle.

Par Éric Chevillard
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Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 00:21

Il se vend, paraît-il, 15 000 exemplaires par jour du livre d’Eric Zemmour, Le Suicide français – quelle hécatombe, en effet !

 


Suzie en est encore à chercher l’équilibre. Son vélo a quatre roues. Son monocycle en a deux.

 


 

Au moment d’inventer une vie au personnage de mon roman, je me sentis pris d’une grande paresse, si bien que je décommandai tous ses rendez-vous, j’annulai tous ses déplacements, et je le laissai là, avachi sur son canapé ; rattrapé par le remords pourtant, me souvenant du temps où je croyais en la puissance du romanesque, en la beauté des fictions, je rassemblai mes forces et je lui décapsulai une bière.

Par Éric Chevillard
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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 00:02

Le ridicule ne tue pas ? Il me semble pourtant que les zouaves ont passé plus d’un sale quart d’heure.

 


La lumière est entrée dans la chambre noire où le photographe développait sa pellicule et elle lui a repris les visages et les paysages qu’il lui avait volés.

 


 

Notre antimilitarisme doit savoir saluer tout de même avec honnêteté les belles réussites de l’armée. Ainsi quand des oies sauvages couvrent de fientes le soldat vêtu de son treillis camouflage, en effet, ça ne se voit pas.

Par Éric Chevillard
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