Jeudi 30 octobre 2014 4 30 /10 /Oct /2014 00:21

Je sais bien que je n’ai pas voix au chapitre, mais enfin ! Mesdames et messieurs du jury Goncourt ! Ne me dites-pas que vous avez gardé l’admirable Pas pleurer de Lydie Salvayre dans votre dernière sélection pour couronner finalement David Foenkinos ! N’allez pas renverser sur vos crânes ce seau de pipi jaunâtre, couvrez-les plutôt des lauriers de la juste victoire ! Nous vous regardons !

 


SUZIE – Agathe, tu préfères des épinards ou une tête de sang ?

(Ne me demandez pas à quoi elles jouent.)

 


 

Ouf, il y aura bien finalement un XXIIe siècle : je viens de mettre dans ma machine à laver une dose de lessive bio respectueuse de l’environnement.

Par Éric Chevillard
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Mercredi 29 octobre 2014 3 29 /10 /Oct /2014 00:16

Il y a un double jeu de la désinvolture assez lamentable, qui se rencontre par exemple chez Frédéric Beigbeder, Eric Neuhoff ou Patrick Besson. Ils se voudraient espiègles ou primesautiers, mais ces adjectifs qualifient trop bien les fillettes pour convenir aussi à leur prose vulgaire et bâclée. Car ce sont des écrivains qui bâclent. Qui bâclent avec constance, avec acharnement. Qui bâclent avec scrupule. Ruse grossière : l’écrivain bâcleur laisse croire en effet qu’il pourrait faire beaucoup mieux, qu’il gâche exprès son immense talent parce qu’il aime trop la vie pour se dévouer à la littérature tel un moine écrivain.

 


Il a choisi la désinvolture, donc, l’insouciance, la femme irrésistible qui passe, le café select où boire des coups avec ses amis, eux-mêmes écrivains bâcleurs et non moins spirituels. Car faut-il être bête, en revanche, pour écrire vraiment ! Quel pensum ! Quel absurde destin ! Pourtant, il ne tiendrait qu’à lui d’être un des meilleurs, n’est-ce pas, le meilleur peut-être s’il voulait s’en donner la peine.

     


 

Faux. Il bâcle mais, ce faisant, il donne le maximum, il donne tout ce qu’il peut. Il donne sa mesure. Il est au taquet. Elle n’existe pas, cette œuvre sublime qui serait enfouie dans les limbes de sa conscience. Elle n’existe pas même virtuellement. Tout est là, dans ces pages bâclées, le pire et le pire encore.

Par Éric Chevillard
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Mardi 28 octobre 2014 2 28 /10 /Oct /2014 00:11

Profite bien du silence inhabituel de tes enfants : il sera bientôt troublé par tes cris car ils sont en train de faire une énorme bêtise.

 


Passa devant moi le camion qui acheminait la Formule1 et je ne m’étonnai plus ensuite de voir celle-ci si rapide sur les derniers kilomètres de plat – ce gros cul avait avalé pour elle toutes les difficultés du parcours !

 


 

Suzie traîne son cerf-volant comme une queue de casseroles sur la plage – le vent est nul et son bras est trop court, mais elle file avec tant d’entrain et de vélocité que ses cheveux se soulèvent et flottent derrière elle, si bien que je dois en convenir : – Ça y est, Suzie, bravo, ma belle, bravo ! 

Par Éric Chevillard
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Lundi 27 octobre 2014 1 27 /10 /Oct /2014 00:06

J’aide Agathe et Suzie à édifier une maisonnette de bois flottés sur la plage du petit port des Croisettes, au-delà des Goudes, comptant sur le droit coutumier qui prévaut dans la tradition du cabanon marseillais pour consolider peu à peu la structure, monter de vrais murs et coiffer à terme le bâti d’un toit-terrasse qui couvrira aussi ses dépendances.

 


Le chasseur-cueilleur fait tomber la tête couronnée de bois et pique-nique sur la souche.

 


Mais que crois-tu donc, Limpide Abruti, j’ai rencontré tout à l’heure en ville l’homme qui te surnomme l’Illisible.

 

 

Par Éric Chevillard
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Dimanche 26 octobre 2014 7 26 /10 /Oct /2014 00:03

Lorsqu’il put enfin s’exprimer, Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron, expliqua qu’il s’était trouvé dans cette misérable condition parce que les miettes qu’il avait semées derrière lui quand ses parents l’entraînaient dans les bois pour le perdre avaient toutes été picorées par les oiseaux.

 


tu sembles sûr d’avoir vécu

de quelle feuille morte te souviens-tu

 


 

(Ces malheureux débuts dans la vie rendent plus admirable encore l’œuvre de prose et de poésie édifiée par Victor tout au long du XIXe siècle. Et l’on ne s’étonne plus que deux millions de personnes se soient pressées à ses funérailles.)

Par Éric Chevillard
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