Dimanche 21 décembre 2014 7 21 /12 /Déc /2014 00:28

La houle précède le galet qui cependant n’est pas l’œuf de la galette, laquelle est une goélette écrabouillée contre le récif plein d’arêtes où mon récit s’arrête dans ma gorge afin, ce sera déjà ça, de ne pas finir en queue de poisson.

 


En cas de mort naturelle, nous apprécierions que Dieu laisse une lettre auprès du corps pour expliquer son geste.

 


 

Agathe, Agathe, la petite souris est une chimère, réfléchis un peu : quel intérêt pourrait avoir une rongeuse de fromage à collectionner des dents de lait ?

Par Éric Chevillard
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Samedi 20 décembre 2014 6 20 /12 /Déc /2014 00:04

Elles s’ébranlèrent au même moment avec une bonne volonté touchante afin de s’épargner mutuellement de la peine et se rencontrer à mi-chemin, les deux armées ennemies.

 


Des cornes d’un côté, le fouet cinglant d’une queue de l’autre… très bien, très bien… tu as gagné… nous n’insisterons pas et ne prendrons donc que la viande et le cuir de tes flancs.

 


 

Eh bien, j’ai battu Federer ! On sait pourtant qu’il est revenu très fort cette année et qu’il ne souffre plus du dos. La partie fut d’ailleurs assez accrochée, mais j’ai fini par l’emporter. Il faut dire que j’ai mis trois fois toutes mes lettres.

Par Éric Chevillard
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Vendredi 19 décembre 2014 5 19 /12 /Déc /2014 00:06

– J’apprécierais davantage ces petits soupers aux chandelles, me dit la Madone tandis que j’allumais un cierge, si l’on n’y mangeait à chaque fois mon fils bien aimé.

 


AGATHE (dessinant) – Papa, c’est comment le nez d’une fée ?

MOI – Ça dépend, il y a des fées au long nez, des fées au petit nez, des fées au nez en trompette…

AGATHE – Mais une fée normale ?

 


 

Or le lendemain du jour où il passa à la postérité – c’était jouer de déveine –, un conflit nucléaire en quelques minutes anéantit l’humanité.

Par Éric Chevillard
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Jeudi 18 décembre 2014 4 18 /12 /Déc /2014 00:05

– Et l’atroce déréliction du grand âge, cette détresse de nos anciens, abandonnés de tous, qui ne sortent plus de chez eux et crèvent de solitude et d’ennui, vous connaissez ?!, m’écriai-je à l’intention de la tablée de vieilles caquetantes qui m’empêchait de me concentrer sur ma page, dans le café où j’ai mes habitudes.

 


Mon secret pour vider toutes ces bouteilles sans sombrer dans l’alcool : je mets les bouchons dans ma poche.

 


 

Je saurai enfin à quoi je ressemblais quand mon souffle n’embuera plus mon miroir.

Par Éric Chevillard
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Mercredi 17 décembre 2014 3 17 /12 /Déc /2014 00:03

Les araignées infatigablement tissent le cocon dans lequel le monde doit accomplir l’ultime stade de sa métamorphose pour être achevé enfin et enfin habitable, mais toujours nous détruisons leur ouvrage avec nos grands gestes de larves convulsives et douloureuses – alors opiniâtrement, elles le reprennent et recommencent, comme à chaque fois, en partant des coins.

 


Pour manger frais ton pain rassis, fais un petit effort de mémoire.

 


 

Comme il n’apprécie guère le paysage qu'il voit de ses fenêtres, il lave ses vitres avec un puissant herbicide.

Par Éric Chevillard
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