Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 00:02

Nous progressions de plus en plus difficilement dans l’entrelacs des lianes ; la moiteur sous la feuillée dense était si prégnante que la peau de notre torse nu se marquait d’auréoles dans le dos et sous les bras. Ce marécage était donc sans issue !

 


Les moustiques nous suçaient le sang et, dans ma fièvre, je leur attribuais les bruits de déglutition de la boue avalant nos rangers. Tout ici aspirait à nous voir disparaître. Un serpent noir jaillit soudain de sous une racine et mordit le mollet de Roger Federer. – Partez, laissez-moi, je vous retarderais, nous dit-il dans un souffle, en s’affaissant.

 


 

Leonard s’agenouilla à ses côtés et incisa la chair de son mollet au couteau avant de boire le sang mélangé de venin, tandis que Pierre et Cécilia tressaient une civière de feuilles de fromager dont Jean-Pierre et moi saisîmes chacun une extrémité. Après une marche harassante de douze heures, nous arrivâmes enfin au dispensaire. – Trois minutes de plus et il était mort, lâcha le toubib, en lui administrant le sérum. Mais déjà nous étions repartis. Et déjà Roger nous rejoignait. La mission continuait.

Par Éric Chevillard
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Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 00:11

Pas de plus grosse arnaque tout de même que cet art de l’ellipse tellement vanté en littérature et qui consiste en somme à faire accroire au lecteur qu’un livre génial court entre les lignes insignifiantes réellement imprimées.

 


Le chat a toujours sur lui une solution de repli.

 


 

L’activité pastorale me demeure incompréhensible. Pourquoi posséder un mouton et un chien de berger, alors qu’un unique caniche suffirait ?

Par Éric Chevillard
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Dimanche 19 octobre 2014 7 19 /10 /Oct /2014 00:03

Il faut savoir finir une grève ! Au bout d’un moment, ce n’est plus qu’une obstination stupide, un entêtement de mule !

 


Puis ça devient absolument contre-productif. Ça exacerbe les antagonismes, ça durcit la situation, ça conforte l’adversaire dans ses positions, bref, ça ne mène à rien et ça se paye cher !

 


 

(pardonnez-moi, je sermonne Suzie qui boude.)

Par Éric Chevillard
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Samedi 18 octobre 2014 6 18 /10 /Oct /2014 00:07

Pour 25 euros seulement, meublez votre maison de la chambre au salon ! Alléché par cette offre, je passai commande aussitôt. Il était honnêtement stipulé sur l’annonce qu’il s’agissait de mobilier à assembler soi-même, mais je fus tout de même assez désagréablement surpris de recevoir en retour une hachette et les coordonnées GPS d’une forêt suédoise.

 


Les Japonais ne sourient que sur les photos. Raison pour laquelle sans doute ils se mitraillent de la sorte – c’est la condition de leur bonheur.

 


Les mêmes épluchures attirent les enfants auprès de la bonne vieille qui les a apportées, puis les chèvres du parc auprès de ces enfants qui les leur tendent à travers la grille. Le légume bouilli n’eut pas tant de succès.

 

 

Par Éric Chevillard
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Vendredi 17 octobre 2014 5 17 /10 /Oct /2014 00:02

C’est vrai que la littérature est menacée – lecteurs moins nombreux, libraires asphyxiés, éditeurs de plus en plus cyniques et mercantiles, etc. Allons-nous devoir bientôt vivre sans elle ? Je ne le pense pas.

 


Car j’entrevois une lueur d’espoir : le monde lui-même, saccagé, miné, empoisonné, fort mal en point, semble condamné à court terme, si bien qu’il se pourrait finalement que la littérature résiste jusqu’au bout.

 


 

Et si elle lui survivait même… ?

Par Éric Chevillard
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