Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 00:00

Le piètre talent de comédienne des actrices du X – ces mimiques expressionnistes, ces expressions fausses… dérisoires et pathétiques tentatives d’exister autrement que comme un corps écartelé, une chair à concupiscence, de sauver au moins la face – ajoute en réalité à leur humiliation, laquelle est incontestable et très délibérément recherchée par l’industrie pornographique et ses amateurs, même si certaines de ces femmes assument et revendiquent joyeusement leur activité (là n’est pas la question).

 

 

 

j’ai pris un kilo

le monde

n’est plus si vaste

 

 

 

Les ventes de mes livres seraient bien meilleures ; malheureusement, mes lecteurs ne lisent pas.

Par Éric Chevillard
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Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 00:00

C’est triste à dire mais, au vu de leur longévité, je peux affirmer aujourd’hui avec certitude que j’ai survécu à tous les flamants roses nés la même année que moi.

 

 

 

Agathe et Suzie, écoutez-moi bien : ne sont vrais que les faux Pères Noël. Or ceci n’est-il pas une suffisante énigme pour des fillettes de trois ans et demi et dix-sept mois ?

 

 

 

Comme je suis vieux sur mes photos d’enfant, jaunies, fanées, cloquées, plus ou moins floues ! À moi aujourd’hui la jeunesse claire et nette de la photo numérique !

Par Éric Chevillard
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Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 00:01

 

 

Le visiteur de sa petite fabrique de romans entre dans une première pièce tout en acajou, lourdes tentures et tapis épais ; deux lampes sous globes dispensent une lumière dorée ; les livres de la bibliothèque montrent leur dos de cuir ; un bureau de bois sombre ; un profond fauteuil près d’une table basse supportant une rame de papier ivoire, une plume d’argent, un verre à facettes et une carafe à demi pleine d’un whisky ambré – c’est là qu’il écrit. Puis le visiteur pousse une porte capitonnée et pénètre dans la deuxième pièce de la fabrique, aux murs d’un blanc cru, au sol carrelé, aux surfaces lisses et nettes ; la seule lumière provient d’un scialytique, afin d’éviter les ombres ; une chaise en plexiglas, au dossier raide, fait face à l’écran plat d’un ordinateur – c’est là qu’il se corrige.

 

 

 

« Va chercher ! Au pied ! Assis ! Couché ! » – tel qui sait se faire obéir n’a jamais d’autres exigences.

 

 

 

Mais peut-être découvrira-t-on après sa mort, dans une réserve secrète, les grands tableaux jaunes de Soulages, la part honteuse de son œuvre tenue cachée.

 

 

Par Éric Chevillard
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Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 00:03

 

 

La douche derrière le rideau de douche, puis inversement, le parapluie sous le rideau de pluie – à peine levé et déjà pris au piège de mes contradictions.

 

 

 

Démocraties modernes – tous égaux dans l’isoloir.

 

 

 

Ah c’est vous, mademoiselle, pardonnez-moi, je suis tellement habitué à votre petite culotte que je ne vous remettais pas avec cet anorak.

 

Par Éric Chevillard
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 00:01

 

La foule était sur moi, furieuse, semblable à une vague écumante.

Que vous ai-je fait ? criais-je, éperdu.

Mais rien ! Tu n’as rien fait ! Pour qui te prends-tu ?

Et ils riaient entre eux.

N’as-tu pas compris que les méchants, c’est nous ?

 

 

 

Je suis aussi poète, dit-il avec un petit air vicelard.

 

 

 

Le métier d’inspecteur de police ? Facile ? Si le cadavre est à la cave : meurtre. Si le cadavre est au grenier : suicide.

Par Éric Chevillard
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