Lundi 6 octobre 2014 1 06 /10 /Oct /2014 00:14

La mission était un succès, mais son avion disparu de l'écran radar, touché sans doute par l’explosion, avait dû s’abîmer en mer. L’état-major le donnait pour mort. De toute façon, il savait ce qu’il risquait. Pas question désormais de se montrer dans les parages. L’autorisation d’aller voir nous fut refusée.

 


Qu’importe. Cécilia Bartoli, en poussant sa voix, força le système de verrouillage informatique d’un hélicoptère de la base. Pierre Soulages mit les gaz et, deux heures plus tard, nous étions sur zone. Un homme dérivait, agrippé à un bidon. Leonard Cohen se positionna sur les patins de l’appareil maintenu en vol stationnaire et fit feu sur les requins.

 


 

Et tandis que Federer préparait la corde et le harnais de treuillage, je sautai dans les eaux tumultueuses pour récupérer notre camarade Léaud.

Par Éric Chevillard
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Dimanche 5 octobre 2014 7 05 /10 /Oct /2014 00:05

Cruel faisceau d’épées de la coïncidence, voici que nous sont enlevés en quelques mois Christian Gailly, Pierre Autin-Grenier, Jean-Claude Pirotte et André Blanchard… emportés tous les quatre par le même mal, dans la charrette des fumeurs ombrageux ; laissant des œuvres habitées, ainsi vouées à profiler leur ombre un moment encore dans le temps humain.

 


La vague avec laquelle tu jouais soudain te renverse d’un coup de patte et te prend à la gorge. Il te faut une seconde encore pour comprendre que le jeu a cessé ; que c’est maintenant ta mort que tu es en train de vivre.

 

 

 

(Puis j’irai voir au-delà si j’y suis.)

Par Éric Chevillard
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Samedi 4 octobre 2014 6 04 /10 /Oct /2014 00:01

Le déambulateur est une mystification ! Toutes les personnes qui en font usage semblent se mouvoir avec difficulté. Tandis que moi qui n’en suis pas encombré, je marche avec aisance.

 


je t’ai prise en grippe

vois avec quelle fièvre

je tire sur tes zips

je mange tes lèvres

 


 

Je suis inquiet : ce restaurateur pêche sous mes yeux dans un aquarium le crabe qu’il va cuisiner pour mon hors-d’œuvre. Le pigeon que j’ai commandé pour suivre, va-t-il l’attraper sur sa terrasse ?

Par Éric Chevillard
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Vendredi 3 octobre 2014 5 03 /10 /Oct /2014 00:11

LE JUGE – Mais enfin, pourquoi avez-vous tiré sur cet inconnu ?

MOI – Il a dégainé le premier.

LE JUGE – Oui, mais lui, c’était un téléphone portable.

 


or voici l’énigme grillée

par l’ampoule lucidité

le sphinx pue le cochon brûlé

 


 

Je me défais d’autrui en lui disant à bientôt !

Par Éric Chevillard
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Jeudi 2 octobre 2014 4 02 /10 /Oct /2014 00:14

L’écrivain, dont les livres s’accumulent, pourrait passer pour une sorte de capitaliste. C’est pourtant exactement le contraire. Il doit à chaque fois repartir de rien, complètement ruiné par la dépense précédente. Puis jamais le mot qu’il ajoute au bout de sa phrase ne lui vient comme un intérêt produit par tous les autres qui lui serait dûment versé à échéance.

 


mon feu éloignait les loups

il attire les moustiques

je l’éteins

 


 

Certes, mais que faire de l’œil au concert, que faire de l’oreille au musée ? L’écrivain profite du point faible de la concurrence pour reprendre l’avantage.

Par Éric Chevillard
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