Jeudi 4 décembre 2014 4 04 /12 /Déc /2014 00:06

Nos lèvres, nos paupières, nous existons entre ces parenthèses dans le grand récit du monde.

 


Les doses de médicaments sont prescrites en fonction du poids de l’enfant et non de son intelligence, de sa grâce ou de sa maturité  – cela en dit long sur ce qu’est vraiment l’homme et quelle est sa mesure.

 


 

SUZIE (montée sur le pèse-personne, voyant s’afficher son poids) – Tiens, ça marche aussi quand on n’est pas nus !

Par Éric Chevillard
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Mercredi 3 décembre 2014 3 03 /12 /Déc /2014 00:04

Sans doute est-il paradoxalement plus facile de protester de notre innocence lorsque l’on est coupable puisqu’il nous est possible alors d’articuler en connaissance de cause l’argumentaire de notre défense sur les points du litige. Accusé à tort de mille maux, tu ne sais afficher que ton désarroi, lequel passe pour un aveu par KO et te fait d’ailleurs une magnifique tête d’assassin.

 


Parfois je prends la résolution de ne plus écrire. C’est fini, j’arrête. Mais je recule toujours au moment d’appuyer sur la gâchette.

 


 

Celui qui prend l’initiative d’une bagarre ou d’une dispute a l’avantage d’être déjà chaud et prêt au combat. Pendant que son adversaire sur la défensive laisse à son tour monter la colère et sécrète l’adrénaline ou les endorphines qui décupleront ses forces – durant son échauffement en somme –, il a beau jeu de l’étendre raide.

Par Éric Chevillard
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Mardi 2 décembre 2014 2 02 /12 /Déc /2014 00:01

Enfin, enfin, je la rencontre, après plus de 25 années de publication, l’horrible, la grimaçante censure. Mais elle ne vient donc pas toujours de là où on l’attend. La revue Vacarme – qui occupe, selon son fondateur, « une drôle de position au sein de la gauche de gauche » – m’ayant demandé une contribution, j’ai accepté de donner un texte, l’histoire de la métamorphose d’un homme en chat. On y lit ces lignes : « La volupté ne se dérobe plus à mon désir (…) Je peux, sans craindre la gifle qui souvent autrefois avait puni de semblables audaces, me frotter contre les jambes des plus belles femmes et même me couler sous leurs jupes. Elles ne se froissent plus. »

 


Ceux qui se froissent, en revanche, ce sont certains membres de la revue qui me demandent de couper ces propos outrageants, « dans la mesure où (…) les deux dernières phrases de ce paragraphe peuvent être lues comme décrivant des comportements qui ne rendent pas le narrateur très sympathique (il avait l'habitude de faire aux femmes des choses que lui appelait "audaces" et auxquelles elles répondaient par des gifles… on peut imaginer le pire) ». En clair, on me soupçonne d’être un machiste pervers, un ignoble satyre, un propagandiste de la main aux fesses, du viol peut-être… !

 


 

Sait-on pourtant que l’intégrisme de la pensée politiquement correcte est tout autant liberticide que les autres intégrismes, le ridicule en plus ? Drôle de position au sein de la gauche de gauche, en effet… (mais au fait, quand on se représente la chose, une drôle de position au sein, ce ne serait pas un peu dégueulasse, ça ?)

Par Éric Chevillard
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Lundi 1 décembre 2014 1 01 /12 /Déc /2014 00:03

Surpris avec une jambe de jeune femme dans son assiette et poursuivi en conséquence pour cannibalisme, il prétendit devant le juge qu’il était en train de manger des cuisses de grenouilles et que la dernière avait soudainement pris cette forme au contact de ses lèvres. La jurisprudence parlait pour lui et il fut acquitté avec les félicitations du jury et des excuses de la cour.

 


AGATHE – J’ai mal au ventre.

MOI – Quel genre de mal au ventre ?

AGATHE – Un mal au ventre nature.

 


 

La langue du chien est un délicieux jambon défendue contre sa voracité par la mâchoire hérissée de dents du sandwich.

Par Éric Chevillard
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Dimanche 30 novembre 2014 7 30 /11 /Nov /2014 00:01

Je n’en avais pas parlé jusqu’alors. Je devais être sûr. Et si ce n’était pourtant qu’une impression ? Je ne pouvais me permettre d’émouvoir le monde en rendant publique une vague présomption. Mais voilà, ça se vérifie, c’est même indéniable : Agathe a une dent qui bouge.

 


Comment cela va-t-il finir ?

 


 

Je suis sur le coup. Je ne laisserai pas mon lecteur dans l’expectative anxieuse des suites de cette affaire. Quoi qu’il se passe et quelle que soit l’issue, j’en rendrai compte ici fidèlement.

Par Éric Chevillard
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