Jeudi 9 octobre 2014 4 09 /10 /Oct /2014 00:01

J’atteins toujours, quand j’écris un livre, un point de lassitude qui me semble être le signe de son achèvement. Je préférerais être inondé par une joie pure et la certitude du devoir accompli, mais il n’en va pas ainsi, hélas.

 


l’œuf

est tous les jours

neuf

 


 

Je sens que j’y suis presque… j’ai les mots sur le bout de la langue... la formule à deux doigts… : je vais faire revenir mes morts !

Par Éric Chevillard
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Mercredi 8 octobre 2014 3 08 /10 /Oct /2014 00:04

Comme leur affrontement durait, intense, acharné, je fis irruption par surprise depuis le bord latéral gauche de l’échiquier et remportai la partie en trois coups.

 


– aïe aïe aïe

ces trois gousses

puis il pousse

son dernier souffle

– ouf

 


 

L’éventualité de voir à nouveau un type coiffé d’un tricorne et prénommé Napoléon prendre une telle importance dans l’Histoire est désormais très mince.

Par Éric Chevillard
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Mardi 7 octobre 2014 2 07 /10 /Oct /2014 00:01

Trop de soleil dans les romans de Le Clézio, c’est éblouissant, dangereux pour l’œil. Je recommande de les lire à travers un Modiano.

 


Ce qui est dégueulasse, c’est d’avoir recruté Judas en connaissance de cause.

 


Assommés par le tumulte et le brouhaha, chercher un peu de paix dans le silence imperturbable de nos morts.

 

 

Par Éric Chevillard
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Lundi 6 octobre 2014 1 06 /10 /Oct /2014 00:14

La mission était un succès, mais son avion disparu de l'écran radar, touché sans doute par l’explosion, avait dû s’abîmer en mer. L’état-major le donnait pour mort. De toute façon, il savait ce qu’il risquait. Pas question désormais de se montrer dans les parages. L’autorisation d’aller voir nous fut refusée.

 


Qu’importe. Cécilia Bartoli, en poussant sa voix, força le système de verrouillage informatique d’un hélicoptère de la base. Pierre Soulages mit les gaz et, deux heures plus tard, nous étions sur zone. Un homme dérivait, agrippé à un bidon. Leonard Cohen se positionna sur les patins de l’appareil maintenu en vol stationnaire et fit feu sur les requins.

 


 

Et tandis que Federer préparait la corde et le harnais de treuillage, je sautai dans les eaux tumultueuses pour récupérer notre camarade Léaud.

Par Éric Chevillard
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Dimanche 5 octobre 2014 7 05 /10 /Oct /2014 00:05

Cruel faisceau d’épées de la coïncidence, voici que nous sont enlevés en quelques mois Christian Gailly, Pierre Autin-Grenier, Jean-Claude Pirotte et André Blanchard… emportés tous les quatre par le même mal, dans la charrette des fumeurs ombrageux ; laissant des œuvres habitées, ainsi vouées à profiler leur ombre un moment encore dans le temps humain.

 


La vague avec laquelle tu jouais soudain te renverse d’un coup de patte et te prend à la gorge. Il te faut une seconde encore pour comprendre que le jeu a cessé ; que c’est maintenant ta mort que tu es en train de vivre.

 

 

 

(Puis j’irai voir au-delà si j’y suis.)

Par Éric Chevillard
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