Mercredi 2 juillet 2014 3 02 /07 /Juil /2014 00:16

Or, c’est un peu vexant, cette démographie galopante qui menace notre Terre de surpopulation ne me gagne aucun nouveau lecteur.

 


Je l’avoue, absorbé par quelque tâche ou lecture, il m’arrive de répondre distraitement hum hum aux questions de mes filles.

SUZIE – Quand il dit hum hum, ça veut dire oui.

AGATHE – Quand il veut dire non, il fait comment ?

 


 

Puis il se vérifia qu’il y avait bien une vie après la mort, mais elle se résumait à cela : on avait encore mal aux dents.

Par Éric Chevillard
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Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 00:33

Je jette un œil par-dessus la haie du jardin de mon enfance. J’ai peine à reconnaître le tilleul dont je mâchais les tiges des feuilles avec délices ; il est devenu énorme ; la blessure à vif d’une branche cassée m’a presque tiré des larmes. Quant à lui, j’ai eu la très nette impression qu’il ne me remettait pas du tout.

 


C’est tout de même un curieux sentiment, la nostalgie de la jeunesse, puisque, paradoxalement, à cette époque de notre vie, toutes nos forces et tous nos désirs se mobilisaient pour nous permettre de devenir ce que nous n’étions pas – et que maintenant nous sommes – et de détenir ce que nous n’avions pas – et qui est nôtre à présent. Dès lors, que regrettons-nous ?

 


Le boulanger n’a pas menti et je ressors d’Au pain d’antan avec une baguette complètement rassise.

Par Éric Chevillard
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Lundi 30 juin 2014 1 30 /06 /Juin /2014 00:01

Quand il nous a bien lavés de tous nos péchés, du savon ne reste qu’une hostie – le corps du Christ.

 


Double-vitrage peut-être, il n’empêche qu’on entend toujours la pénible mouche qui bourdonne contre.

 


 

D’abord, elle m’a filé entre les doigts, puis elle est passée à travers les mailles de mon filet, qu’importe, tôt ou tard fatalement elle reviendra dans la mer des Sargasses, et alors ma nasse se refermera sur l’anguille.

Par Éric Chevillard
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Dimanche 29 juin 2014 7 29 /06 /Juin /2014 00:46

Il a toujours eu honte de ses parents, ces paysans mal dégrossis, ces ploucs ! Mais voilà qu’ils meurent et que naît sous sa plume une ode à l’authenticité rurale, à la rude beauté des écorces et à la pureté des âmes simples.

 


J’ai le trac. L’heure du coucher a sonné : et si je ne parvenais pas à m’endormir… ?

 


 

Les retraités ont emboîté le pas du guide qui leur fait découvrir la ville sous l’angle historique et l’on dirait plutôt qu’il les accueille dans le passé : – Maintenant que vous êtes vieux, voilà où vous allez vivre.

Par Éric Chevillard
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Samedi 28 juin 2014 6 28 /06 /Juin /2014 00:36

tu as deux filles tu enterres ton père tu as 50 ans

ta vie serait-elle un bon vieux roman

des familles ?

 


La modernité, pour l’âne, s’incarne-t-elle dans le cheval de course ou dans le chauffeur-livreur ?

 


Sur cette photo, Martin, aujourd’hui rasé de frais, porte la barbe.

SUZIE – C’est quand il était vieux.

 

 

Par Éric Chevillard
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