Dimanche 12 octobre 2014 7 12 /10 /Oct /2014 00:34

À force de précautionneuses injonctions et de haineuses intimidations, on finirait par croire que les termes Juif et Arabe sont d’abjectes insultes racistes.

 


la chair est faible mais le squelette

nettement moins porté sur la chose

grince en s’attelant à la brouette

‘’vivement que je me repose !’’

 


Sur la feuille blanche, pouvions-nous inscrire autre chose que la noirceur du monde ?

 

 

Par Éric Chevillard
Voir les 0 commentaires
Samedi 11 octobre 2014 6 11 /10 /Oct /2014 00:43

C’est un grand vide, certainement. Néanmoins, que deviendrions-nous s’il était soudain comblé et que nous ne constations plus, partout autour de nous en effet, cette déplorable absence d’éléphants et de baleines ?

 


Reconnaissons d’ailleurs qu’un bloc compact de colibris ne nous réussirait pas mieux. Que nous suffoquerions pareillement.

 


L’absence du colibri ici ou là est la condition de notre survie.

 

 

Par Éric Chevillard
Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 octobre 2014 5 10 /10 /Oct /2014 00:00

Quelques jours après ma critique perplexe de son dernier roman dans Le Monde, l’Académie suédoise compatissante a décerné à Patrick Modiano le Prix Nobel de littérature. Maigre consolation.

 


Le sanglier est la charrue-avant-les-bœufs qui fait du dégât dans les champs.

 


Je m’extasie devant un dessin d’Agathe sur lequel alternent grandes et petites maisons.

– C’est bien d’en avoir dessiné de plus petites pour suggérer qu’elles sont derrière les autres, plus loin. Comment as-tu eu cette idée ?

– C’est parce que je n’avais pas la place de les faire toutes aussi grosses.

Ainsi, je n’en doute plus, fut un jour découvert le principe de la perspective.

Par Éric Chevillard
Voir les 0 commentaires
Jeudi 9 octobre 2014 4 09 /10 /Oct /2014 00:01

J’atteins toujours, quand j’écris un livre, un point de lassitude qui me semble être le signe de son achèvement. Je préférerais être inondé par une joie pure et la certitude du devoir accompli, mais il n’en va pas ainsi, hélas.

 


l’œuf

est tous les jours

neuf

 


 

Je sens que j’y suis presque… j’ai les mots sur le bout de la langue... la formule à deux doigts… : je vais faire revenir mes morts !

Par Éric Chevillard
Voir les 0 commentaires
Mercredi 8 octobre 2014 3 08 /10 /Oct /2014 00:04

Comme leur affrontement durait, intense, acharné, je fis irruption par surprise depuis le bord latéral gauche de l’échiquier et remportai la partie en trois coups.

 


– aïe aïe aïe

ces trois gousses

puis il pousse

son dernier souffle

– ouf

 


 

L’éventualité de voir à nouveau un type coiffé d’un tricorne et prénommé Napoléon prendre une telle importance dans l’Histoire est désormais très mince.

Par Éric Chevillard
Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés