Lundi 24 mars 2014 1 24 /03 /Mars /2014 00:41

Il y a un âne dans la pomme. Quand on mord dans celle-ci, on l’entend qui la croque.

 


L’écrivain profite parfois de l’élan pris en travaillant à un livre pour écrire le suivant en roue libre ; nous le lisons de même, sur notre lancée. Le manque d’inspiration et de rythme ne sera perceptible qu’au lecteur qui découvre l’œuvre à rebours. Ce phénomène explique d’ailleurs pourquoi les amateurs fidèles d’un écrivain ou d’un artiste ne se rendent généralement pas compte qu’il faiblit ou péniblement se survit.

 


 

La mouche maudit surtout l’araignée vitrière. 

Par Éric Chevillard
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Dimanche 23 mars 2014 7 23 /03 /Mars /2014 00:04

On rencontre encore parfois dans nos campagnes de ces antiques abreuvoirs à vaches blancs ou gris, en tôle émaillée ou en acrylique, qui se vidangent aisément en tirant sur la chaînette perlée du bouchon de plastique noir qui en obture la bonde, mais hélas ils ont été pour la plupart razziés par des personnes sans scrupules qui les installent ensuite chez elles, dans de petites pièces carrelées, et poussent le vice jusqu’à prendre des bains dedans !

 


Le lion et l’hippopotame sont des malins. Tandis que l’écolier et l’employé de bureau n’ont pas su rendre leur bâillement menaçant.

 


– T’as manoir et t’es pas content ?!

– J’aurais préféré une fourmilière.

Par Éric Chevillard
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Samedi 22 mars 2014 6 22 /03 /Mars /2014 00:02

Le premier greffé a survécu pendant 75 jours avec son cœur artificiel. Ne nous aurait-on pas vanté avec une très légère exagération les capacités de l’homme bionique ?

 


Sa frappe puissante était réputée. On lui confia le soin de tirer le pénalty. Que se passa-t-il ? En tout cas, son pied manqua le ballon ; il shoota dans la terre et nous fûmes propulsés dans l’espace infini où nous roulons encore.

 

 

Puis l’arbre évolua et conçut un fruit numérique. Miam.

Par Éric Chevillard
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Vendredi 21 mars 2014 5 21 /03 /Mars /2014 00:03

L’admiration du chameau pour le chamois s’arrête là où commence l’admiration du chamois pour le chameau.

 


SUZIE (devant un lion de pierre) – J’ai peur qu’il se déclenche.

 


 

Parfois vient à notre rencontre dans la rue une femme si belle que nous ne pouvons que baisser la tête, vaincus. C’est le paradoxe cruel de la beauté – celle d’une œuvre pareillement : elle humilie autant qu’elle exalte et ravit.

Par Éric Chevillard
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Jeudi 20 mars 2014 4 20 /03 /Mars /2014 00:13

J’attrape pour cette vieille dame une boîte de conserve dans les hauteurs inaccessibles pour elle du rayon.

Merci, mon petit !

D’abord, je ne suis pas si petit, preuve vient d’en être faite, puis j’aurai 50 ans dans quelques semaines. Mais, c’est décidé, je ne fréquenterai plus désormais que de très vieilles personnes à la vue basse qui seules savent encore me voir tel que je suis, jeune inaltérablement.

 


J’ai pris la peine de relire son livre, j’ai eu tort, il ne s’est pas donné celle de le réécrire.

 


 

(Hier abritait l’oiseau v  – c’était l’hiver.)

Par Éric Chevillard
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