Vendredi 24 octobre 2014 5 24 /10 /Oct /2014 00:03

Les articles féroces et les éreintements du critique sont toujours plus remarqués que ses dithyrambes et pourquoi cela, sinon parce qu’ils procurent en effet au lecteur plus de jouissance ? Le méchant critique devrait être plutôt appelé christique : il prend bravement sur lui tous les péchés du monde.

 


Si flasque et informe chose qu’un mot non plus ne saurait la circonscrire et que nous risquons calmar, calamar, encornet, poulpe ou chipiron sans être bien sûr d’avoir jamais raison.

 


 

Elle a débusqué un ours qui dormait dans sa tanière. Elle doit maintenant tous les jours lui faire face. La plupart du temps, toutefois, je cueille délicatement des baies sauvages que je partage avec elle.

Par Éric Chevillard
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Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 00:21

Il se vend, paraît-il, 15 000 exemplaires par jour du livre d’Eric Zemmour, Le Suicide français – quelle hécatombe, en effet !

 


Suzie en est encore à chercher l’équilibre. Son vélo a quatre roues. Son monocycle en a deux.

 


 

Au moment d’inventer une vie au personnage de mon roman, je me sentis pris d’une grande paresse, si bien que je décommandai tous ses rendez-vous, j’annulai tous ses déplacements, et je le laissai là, avachi sur son canapé ; rattrapé par le remords pourtant, me souvenant du temps où je croyais en la puissance du romanesque, en la beauté des fictions, je rassemblai mes forces et je lui décapsulai une bière.

Par Éric Chevillard
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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 00:02

Le ridicule ne tue pas ? Il me semble pourtant que les zouaves ont passé plus d’un sale quart d’heure.

 


La lumière est entrée dans la chambre noire où le photographe développait sa pellicule et elle lui a repris les visages et les paysages qu’il lui avait volés.

 


 

Notre antimilitarisme doit savoir saluer tout de même avec honnêteté les belles réussites de l’armée. Ainsi quand des oies sauvages couvrent de fientes le soldat vêtu de son treillis camouflage, en effet, ça ne se voit pas.

Par Éric Chevillard
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Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 00:02

Nous progressions de plus en plus difficilement dans l’entrelacs des lianes ; la moiteur sous la feuillée dense était si prégnante que la peau de notre torse nu se marquait d’auréoles dans le dos et sous les bras. Ce marécage était donc sans issue !

 


Les moustiques nous suçaient le sang et, dans ma fièvre, je leur attribuais les bruits de déglutition de la boue avalant nos rangers. Tout ici aspirait à nous voir disparaître. Un serpent noir jaillit soudain de sous une racine et mordit le mollet de Roger Federer. – Partez, laissez-moi, je vous retarderais, nous dit-il dans un souffle, en s’affaissant.

 


 

Leonard s’agenouilla à ses côtés et incisa la chair de son mollet au couteau avant de boire le sang mélangé de venin, tandis que Pierre et Cécilia tressaient une civière de feuilles de fromager dont Jean-Pierre et moi saisîmes chacun une extrémité. Après une marche harassante de douze heures, nous arrivâmes enfin au dispensaire. – Trois minutes de plus et il était mort, lâcha le toubib, en lui administrant le sérum. Mais déjà nous étions repartis. Et déjà Roger nous rejoignait. La mission continuait.

Par Éric Chevillard
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Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 00:11

Pas de plus grosse arnaque tout de même que cet art de l’ellipse tellement vanté en littérature et qui consiste en somme à faire accroire au lecteur qu’un livre génial court entre les lignes insignifiantes réellement imprimées.

 


Le chat a toujours sur lui une solution de repli.

 


 

L’activité pastorale me demeure incompréhensible. Pourquoi posséder un mouton et un chien de berger, alors qu’un unique caniche suffirait ?

Par Éric Chevillard
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