Lundi 16 juin 2014 1 16 /06 /Juin /2014 00:12

Je demande à Suzie d’inventer une histoire pour moi. Elle est d’accord et commence tout de go : – Aujourd’hui, maman (et là, je frémis, comme on peut le comprendre) veut que je mange des légumes et, moi, j’aime pas ça.

 


Un plâtre ! Mais quelle petite nature ! Moi aussi j’ai le coude cassé, les deux même, depuis toujours par surcroît, eh bien je vis avec !

 


Quand le match se tend, que mon jeune adversaire se détache, je suis supposé, à l’âge qui est le mien, laisser parler mon expérience. L’ennui, c’est qu’à l’exception d’une demi-finale perdue dans un tournoi interclubs catégorie minimes en 1978, celle-ci ne peut se targuer de grand-chose et que j’ai plutôt envie de lui demander de se taire enfin.

Par Éric Chevillard
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Dimanche 15 juin 2014 7 15 /06 /Juin /2014 00:35

je n’ai cure des manucures

pour mon hygiène corporelle

j’appelle la hyène

 


ne vous fiez pas à mon teint

sous mes chairs blettes

mon squelette est encore très bien

 


l’impudique arque son bassin

elle décortique sa cage thoracique

ah ! que n’ai-je un os pénien !

 

 

Par Éric Chevillard
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Samedi 14 juin 2014 6 14 /06 /Juin /2014 01:00

Hors de question ! Lâchez-moi ! C’est non ! Arrêtez immédiatement ! Rendez-moi ça ! Au secours !

 


– Mais de quoi parlez-vous ? À qui ?

 


De rien, à personne. Ce sont des phrases dont j’aurai usage un jour et que j’écris par avance, quand je dispose d’un peu de temps. Ce sera fait.

 

 

Par Éric Chevillard
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Vendredi 13 juin 2014 5 13 /06 /Juin /2014 00:08

L’ennemi hésite. Ou bien éteindre le soleil – et alors la Terre gèlera. Ou bien attiser son ardeur – et alors la Terre brûlera. Dans l’un ou l’autre cas, de toute façon, il doit commencer par souffler dessus.

 


MOI – Tu sais, il y a des enfants qui ne peuvent pas partir en vacances.

AGATHE – Ceux qui ont un cochon d’Inde ?

 


j’ai mis mes palmes et j’ai plongé

pour noyer dans la mer calme

mon âme agitée

Par Éric Chevillard
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Jeudi 12 juin 2014 4 12 /06 /Juin /2014 00:00

– Nous allons maintenant monter en haut du donjon.

Mais je suis sujet au vertige et, tandis que le groupe des visiteurs emboîte le pas du guide, je m’attarde dans les oubliettes.

 


Elle ne cherche à tromper personne, la musaraigne ; si tu la prends pour un campagnol, ne mets pas en cause sa bonne foi.

 


(Me dira-t-on pourquoi les oubliettes ne sont jamais pourvues d’un verrou intérieur ?)

 

 

Par Éric Chevillard
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