Jeudi 18 septembre 2014 4 18 /09 /Sep /2014 00:02

…804…805…806…807… j’en étais là du dénombrement des brins d’herbe de ma pelouse lorsqu’une taupe sortit de terre et me mordit l’index jusqu’au sang.

 


En usant d’abrasifs puissants, il a pu honorer sa commande et restaurer la toile qui est à présent aussi nette qu'au premier jour : même l’œil le plus perçant ne distingue plus la moindre trace de la Joconde.

 


 

La vie continue, constatai-je ce matin en ouvrant mes volets. J’en déduisis que quelqu’un était mort dans la nuit.

Par Éric Chevillard
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Mercredi 17 septembre 2014 3 17 /09 /Sep /2014 00:05

Son poil grisonnant me piquait les joues, son ventre m’enveloppait, ses dents se cariaient dans ma bouche – vainement, je tentai de repousser l’ignoble quinquagénaire : il était sur moi et m’écrasait de tout son poids.

 


Serpent – le lacet fait la chaussure.

 


 

Et à la fin de la vie, au lieu de mourir dans un râle dégoûtant, on embrasserait enfin la fille que l’on a toujours aimée.

Par Éric Chevillard
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Mardi 16 septembre 2014 2 16 /09 /Sep /2014 00:01

Quand on voit à quelle vitesse le savon fond sous la douche, on comprend mieux pourquoi l’éléphant est en voie de disparition : il doit cesser immédiatement de s’asperger avec sa trompe !

 


Bzzz…zz..zzzbzz…bzzzzzzz (ceci pour que la mouche qui chaque jour se pose sur mon écran y trouve enfin à lire quelque chose qui lui parle.)

 


Qui aurait pu penser toutefois que le pongiste naîtrait d’un œuf aussi petit ?

 

 

Par Éric Chevillard
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Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 00:10

Arrive un jour où l’écrivain sait si bien comment surprendre ses lecteurs qu’il ne parvient plus à se surprendre lui-même. C’est alors qu’il regrette le temps où les lecteurs perçaient si facilement à jour les naïfs stratagèmes qui l’avaient tant excité.

 


Incontestablement, le renard est rusé : dès qu’il voit un homme, il se planque.

 


il faut enfoncer le pieu à la masse

pour la buse lasse du plein ciel

c’est la condition de son repos

 


 

 

[On va se ruer dès aujourd’hui comme un seul homme sur le livre de Guy Robert, Reconnus, aux éditions l’Arbre vengeur (10 € !), le récit éclaté, sensible et drôlatique, de toutes les rencontres de l’auteur avec les célébrités de ce monde, rencontres fortuites, sans contact, au hasard du chemin et de l’heure. On peut en lire quelques extraits sur le site de l’éditeur. Argument suprême et quasi imparable : j’en signe la préface.]

Par Éric Chevillard
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Dimanche 14 septembre 2014 7 14 /09 /Sep /2014 00:44

if plus mort que vif

on me couche sous l’if

 


alors malgré mes griffes

contre le bois qui crissent

pestilentiel arôme

 


je ne serai plus un homme

mon fils

Par Éric Chevillard
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