Jeudi 7 août 2014 4 07 /08 /Août /2014 00:15

Garde-toi bien de visiter une ville en prenant pour guide un ami qui y réside. Il te dira « je vais te montrer le vrai Barcelone, le vrai Florence, le vrai Prague, là où bat son cœur, où se livre son âme », et tu ne verras de la cité sublime que les bas-fonds, des quartiers sordides, des tavernes obscures.

 


Vous n’êtes pas un peu las du jean, vous ? Le jean toujours et en tout lieu. L’humanité engloutie jusqu’à la taille dans la vaste mer de jean.

 


 

L’escalier est un théâtre en gradins où triomphe une vision tout de même bien étriquée de l’art de la scène.

Par Éric Chevillard
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Mercredi 6 août 2014 3 06 /08 /Août /2014 00:39

Or la situation est plus grave encore que nous le pensions : il existerait en effet un Eric-Emmanuel Schmitt russe, une Katerine Pancol chinoise, un Alexandre Jardin égyptien, un Florian Zeller congolais, une Anna Gavalda guatémaltèque…

 


La meule cylindrique est effectivement le rouleau compresseur qui fait le champ si ras.

 


 

– Je suis le deuxième fils de Dieu et je suis moins niais que mon frère, dit le crucifié en arrachant de terre le grand sabre de bois avec lequel il fit sauter les têtes des soldats qui l’entouraient.

Par Éric Chevillard
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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 00:03

Scorbella, hideuse sorcière, retenait captive la petite Grâce, frêle enfant naïve qu’elle traitait avec dureté et employait aux tâches les plus rudes. Tous les soirs, elle l’obligeait à cueillir pour elle à mains nues un bouquet d’orties car cette herbe revêche et urticante ravissait son œil et flattait sa narine.

 


La piqûre de l’ortie brûlait les doigts délicats de la pauvre Grâce. Ses mains à la peau blanche et fine jour après jour enflaient et rougissaient horriblement.

 


 

Bientôt, elles furent larges et lourdes comme des battoirs et Grâce d’une taloche assomma la vieille ; un rayon de soleil perça l’épaisseur noire des frondaisons ; un oiseau chanta ; la fluette enfant aux mains de géante étrangla Scorbella.

Par Éric Chevillard
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Lundi 4 août 2014 1 04 /08 /Août /2014 00:02

Mais pourquoi donc la marque Etam n’a-t-elle pas fait appel à moi pour sa nouvelle collection de lingerie de nuit agrémentée d’un QR code permettant aux lectrices en nuisette de télécharger sur leur smartphone une nouvelle inédite commandée à un écrivain ? C’est d’autant plus regrettable que j’ai des tas d’idées de récit parfaites pour les pyjamas à rayures des gros célibataires dépressifs. Je pense par exemple à un récit d’anticipation apocalyptique, certes totalement invraisemblable, dans lequel la littérature humiliée ne serait plus qu’une futile accroche publicitaire et les écrivains soudoyés des suppôts du système.

 


Le philosophe s’ébouriffe. Il sait que pour une tête libre, le peigne est la première menace.

 


 

Nous sommes sur la même longueur d’onde comme le prouve la parfaite réciprocité de notre antipathie.

Par Éric Chevillard
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Vendredi 1 août 2014 5 01 /08 /Août /2014 00:00

Le trafic est tel sur Internet que des frottements et des frictions inévitablement s’ensuivent, des tête-à-queue, des accrochages, des refus de priorité, et que naît parfois entre deux parfaits inconnus une haine instantanée, d’une violence inouïe, avec envie de meurtre, exactement comme sur la route.

 


La bibliothèque communale que je fréquentais dans mon enfance, sombre caverne, sentait fort le papier humide et la moisissure : c’était déjà l’odeur du souvenir que j’en ai aujourd’hui.

 


 

Cet abruti prétentieux et mégalomane se fait une si haute idée de sa bêtise que l’on se demande en effet où va se nicher sa suffisance.

Par Éric Chevillard
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