Samedi 27 décembre 2014 6 27 /12 /Déc /2014 00:01

Bien sûr, les petites filles sont fières de leur jolie robe, mais très vite elles l’oublient, elles n’y pensent pas plus qu’à leurs cheveux et leur grâce s’augmente de cette indifférence – alors que la coquetterie toujours consciente des jeunes filles et des femmes fières de leur jolie robe rend toute innocence impossible ; c’est le début des complications.

 


– J’ai fait mon trou, je laisserai une trace, une empreinte.

Mais c’est une espèce de sanglier qui parle, et le mot qu’il cherche est bauge.

 


 

Étant donnée la taille des mannequins, il n’est certes pas abusif de parler de haute couture. Pour le reste…

Par Éric Chevillard
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Vendredi 26 décembre 2014 5 26 /12 /Déc /2014 00:04

regarde, je viens seul m’asseoir sur cette pierre

où tu la vis s’asseoir

 


il était tard le soir

beau lac, et j’étais las de toutes ses manières

 


tant que je la poussai d’un bon coup par derrière

au fond de tes eaux noires

Par Éric Chevillard
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Jeudi 25 décembre 2014 4 25 /12 /Déc /2014 00:15

L’escalier a certainement été conçu pour monter, pour s’élever, par un architecte plein de fougue et d’ardeur qui croyait à l’essor de l’humanité. Mais son invention, comme il en va de toute invention géniale, fut détournée de son noble objectif. Et les fainéants, les sceptiques, les cyniques, les pessimistes, les nihilistes et les rabat-joie en profitèrent pour redescendre quatre à quatre, certains même en se laissant glisser sur la rampe.

 


Pour éviter que le temps et l’oubli n’émoussent la lame qui te blesse, il ne tient qu’à toi de courir chaque semaine aiguiser sa pointe et affûter son tranchant chez le psy-rémouleur.

 


 

Ces adolescentes se montrent sur leurs portables des photos des garçons qui les draguent et qu’elles kiffent. Leurs défunts maris, quoi.

Par Éric Chevillard
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Mercredi 24 décembre 2014 3 24 /12 /Déc /2014 00:13

Afin de s’épargner l’amertume de la frustration et de l’insatisfaction, il faudrait savoir jouir des avantages, en creux mais bien réels, contenus dans le ne pas. Ne pas vivre en couple, ne pas avoir d’enfants, écrire et ne pas être publié, ne pas voyager, ne pas être propriétaire – c’est dans tous les cas sans doute des joies qui se dérobent, des émotions interdites, mais aussi une légèreté que perdent ceux qui font, ceux qui ont, une liberté, une insouciance dont il serait bien dommage – plutôt que toujours se languir et se plaindre – de ne pas profiter, car elles sont également enviables.

 


Les chaises autour de la table dressée se nourriront des convives.

 


Être incompétent ou démuni crée évidemment les conditions de l’impuissance, mais vous tient aussi à l’écart des circuits trop bien balisés où s’élaborent toutes les aliénations. Ne pas savoir conduire et vivre sans portable, par exemple, fait de moi le paria des publicitaires et un médiocre gibier pour les mains crochues des marchands. Puis le bas-côté vaut parfois mieux que l’embouteillage.

 

 

Par Éric Chevillard
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Mardi 23 décembre 2014 2 23 /12 /Déc /2014 00:03

AGATHE – Mais c’est quoi ?!

MOI – Une surprise. Tu n’aimes pas les surprises ?

AGATHE – Si justement, je les aime tellement que je veux savoir ce que c’est !

 


SUZIE – Un squelette, c’est pas un truc un peu comme une trottinette ?

MOI – On peut sans doute dire ça, mais tu es sûre que tu ne confonds pas… ?

SUZIE – Ah oui ! je confonds avec un skate.

 


 

Un peu lasses aussi d’abattre seules la besogne, Agathe et Suzie se réjouissent de la venue au monde des petites vengeresses Ana et Madeleine. Leurs contributions – saillies, bons mots, reparties cinglantes, spéculations poétiques et vertigineux paradoxes – sont attendues avec une certaine impatience.

Par Éric Chevillard
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