Vendredi 17 octobre 2014 5 17 /10 /Oct /2014 00:02

C’est vrai que la littérature est menacée – lecteurs moins nombreux, libraires asphyxiés, éditeurs de plus en plus cyniques et mercantiles, etc. Allons-nous devoir bientôt vivre sans elle ? Je ne le pense pas.

 


Car j’entrevois une lueur d’espoir : le monde lui-même, saccagé, miné, empoisonné, fort mal en point, semble condamné à court terme, si bien qu’il se pourrait finalement que la littérature résiste jusqu’au bout.

 


 

Et si elle lui survivait même… ?

Par Éric Chevillard
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Jeudi 16 octobre 2014 4 16 /10 /Oct /2014 00:17

Cette belle jeune femme prétend avoir 40 ans aujourd’hui, mais moi, je ne lui en donne que 20, je les ai partagés, je peux en témoigner. De même que je peux jurer qu’avant, elle n’était pas là, sur la tête de nos filles, elle me manquait sacrément.

 


Bien sûr, l’échasse t’évite l’écharde – mais quelle épine dans le pied tout de même !

 


Agathe apprend le calcul. Au-delà de cinq, les opérations se compliquent terriblement. Puis elle me voit compter.

– Ah ! mais je ne savais pas qu’on avait droit à la deuxième main aussi !

Par Éric Chevillard
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Mercredi 15 octobre 2014 3 15 /10 /Oct /2014 00:01

Le prix Nobel d’économie à Jean Tirole, franchement ! Toute cette finance nostalgique du plan Marshall, ces points de vue nébuleux sur la régulation du marché noir, cette éternelle hantise du passif, ce goût pour les transactions floues… !

 


Le petit salut de la main que nous faisons lorsqu’une voiture s’arrête pour nous laisser traverser s’adresse bien à celle-ci et non à son chauffeur.

 


 

Ils me voyaient le feu aux fesses et pensaient donc que j’allais disparaître bien vite. Mais c’était une queue de renard et je me suis glissé en douce dans leur poulailler pour gober leurs œufs.

Par Éric Chevillard
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Mardi 14 octobre 2014 2 14 /10 /Oct /2014 00:02

J’étais pressenti pour incarner Yves Saint Laurent dans le troisième biopic de l’année consacré au célèbre tailleur, mais je crois que je vais finalement décliner.

 


Le monde est toujours partagé en trois : deux groupes adverses et un troisième – très nettement majoritaire – qui s’en fout.

 


 

Parfois aussi, à la fin d’une rencontre publique, l’écrivain voit venir à lui une jeune femme qui lui dit merci, puis disparaît. Le visage de la littérature n’est donc pas si ingrat, se dit-il alors, rêveur, avant que ne se referme sur lui le cercle des gros célibataires.

Par Éric Chevillard
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Lundi 13 octobre 2014 1 13 /10 /Oct /2014 00:01

Le critique peut être brutal, injuste, outrancier ou maladroit lorsqu’il évoque un livre qu’il n’a pas aimé. Mais les critiques du critique qui toujours soupçonnent celui-ci de régler alors ses comptes, de se venger de son insuccès ou de sa médiocrité sur de plus glorieux que lui, d’être essentiellement un aigri, un jaloux, et qui jamais ne lui concèdent de plus nobles – au moins de plus neutres – intentions, les critiques du critique, quand ils n’ont que ces arguments, ne sont plus modestement que mesquins.

 


Il semblerait que ne soient autorisés à traire la vache sacrée que les veaux.

 


 

Précisons donc : je ne trouve pas scandaleux que Modiano soit récompensé par le Nobel. C’est un bel écrivain, il a son territoire. Certains de ses romans ont de la densité. Mais le dernier, qu’y puis-je, est un rond de fumée.

Par Éric Chevillard
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