Mardi 14 octobre 2014 2 14 /10 /Oct /2014 00:02

J’étais pressenti pour incarner Yves Saint Laurent dans le troisième biopic de l’année consacré au célèbre tailleur, mais je crois que je vais finalement décliner.

 


Le monde est toujours partagé en trois : deux groupes adverses et un troisième – très nettement majoritaire – qui s’en fout.

 


 

Parfois aussi, à la fin d’une rencontre publique, l’écrivain voit venir à lui une jeune femme qui lui dit merci, puis disparaît. Le visage de la littérature n’est donc pas si ingrat, se dit-il alors, rêveur, avant que ne se referme sur lui le cercle des gros célibataires.

Par Éric Chevillard
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Lundi 13 octobre 2014 1 13 /10 /Oct /2014 00:01

Le critique peut être brutal, injuste, outrancier ou maladroit lorsqu’il évoque un livre qu’il n’a pas aimé. Mais les critiques du critique qui toujours soupçonnent celui-ci de régler alors ses comptes, de se venger de son insuccès ou de sa médiocrité sur de plus glorieux que lui, d’être essentiellement un aigri, un jaloux, et qui jamais ne lui concèdent de plus nobles – au moins de plus neutres – intentions, les critiques du critique, quand ils n’ont que ces arguments, ne sont plus modestement que mesquins.

 


Il semblerait que ne soient autorisés à traire la vache sacrée que les veaux.

 


 

Précisons donc : je ne trouve pas scandaleux que Modiano soit récompensé par le Nobel. C’est un bel écrivain, il a son territoire. Certains de ses romans ont de la densité. Mais le dernier, qu’y puis-je, est un rond de fumée.

Par Éric Chevillard
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Dimanche 12 octobre 2014 7 12 /10 /Oct /2014 00:34

À force de précautionneuses injonctions et de haineuses intimidations, on finirait par croire que les termes Juif et Arabe sont d’abjectes insultes racistes.

 


la chair est faible mais le squelette

nettement moins porté sur la chose

grince en s’attelant à la brouette

‘’vivement que je me repose !’’

 


Sur la feuille blanche, pouvions-nous inscrire autre chose que la noirceur du monde ?

 

 

Par Éric Chevillard
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Samedi 11 octobre 2014 6 11 /10 /Oct /2014 00:43

C’est un grand vide, certainement. Néanmoins, que deviendrions-nous s’il était soudain comblé et que nous ne constations plus, partout autour de nous en effet, cette déplorable absence d’éléphants et de baleines ?

 


Reconnaissons d’ailleurs qu’un bloc compact de colibris ne nous réussirait pas mieux. Que nous suffoquerions pareillement.

 


L’absence du colibri ici ou là est la condition de notre survie.

 

 

Par Éric Chevillard
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Vendredi 10 octobre 2014 5 10 /10 /Oct /2014 00:00

Quelques jours après ma critique perplexe de son dernier roman dans Le Monde, l’Académie suédoise compatissante a décerné à Patrick Modiano le Prix Nobel de littérature. Maigre consolation.

 


Le sanglier est la charrue-avant-les-bœufs qui fait du dégât dans les champs.

 


Je m’extasie devant un dessin d’Agathe sur lequel alternent grandes et petites maisons.

– C’est bien d’en avoir dessiné de plus petites pour suggérer qu’elles sont derrière les autres, plus loin. Comment as-tu eu cette idée ?

– C’est parce que je n’avais pas la place de les faire toutes aussi grosses.

Ainsi, je n’en doute plus, fut un jour découvert le principe de la perspective.

Par Éric Chevillard
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