Mardi 15 juillet 2014 2 15 /07 /Juil /2014 00:05

Or l’épreuve du petit pois n’avait pas été concluante. Au matin, la prétendue princesse ne souffrait point de meurtrissures ni de contusions. Elle avoua même avoir dormi comme une souche.

 


Le prince voulut la chasser sur-le-champ. Cependant, on sait vivre. Un banquet avait été préparé et elle y fut conviée malgré tout. On la congédierait ensuite. Volailles dorées, cochons de lait à la broche, pâtés de viande, la table était abondamment garnie, mais l’invitée refusa d’avaler la moindre bouchée.

 


– Je n’ai plus faim du tout. Hier soir en me couchant, j’ai trouvé dans mon lit un petit pois et, ne sachant qu’en faire, je l’ai mangé.

Les noces furent célébrées le jour même.

Par Éric Chevillard
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Lundi 14 juillet 2014 1 14 /07 /Juil /2014 00:04

Drôle d’espèce que celle des neveux et nièces chez lesquels se mêlent, aux traits familiers qui sont aussi les nôtres, des traits étrangers qui les brouillent ou les floutent ; à notre corps (squelette, chair et peau) se mélange un autre corps qui, contrairement à celui que l’on retrouve chez nos propres enfants, n’a pas été désiré, n’a pas une première fois déjà fusionné avec le nôtre lors de leur conception. Ainsi le neveu et la nièce sont-ils à nos yeux d’étranges créatures hybrides, des aliens en phase d’infiltration, si adorables soient par ailleurs ces monstres.

 


Aïe ! j’ai un cil dans le ciel !

 


Réfléchis bien avant d’écrire un livre long. Autrui consent quelquefois à nous lire ; il n’est jamais disposé à nous donner sa vie.

 

 

Par Éric Chevillard
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Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 00:12

Puis un beau jour, en la retrouvant dans la cuisine d’une vieille voisine que vous aidez à porter ses courses, il vous saute au nez que l’odeur si caractéristique pourtant de la demeure ancestrale où vous avez passé tous les étés de votre enfance et qui restait associée pour vous aux plus fines expériences proustiennes de la perception et du souvenir n’est autre que celle de la toile cirée grasse en voie de décomposition.

 


Tous ces bris de coquille ne me surprennent pas. Non seulement il met tous ses œufs dans le même panier mais l’oiseau néglige surtout de pourvoir celui-ci d’une anse ! La catastrophe est inévitable.

 


Un vase au centre d’un guéridon : on dirait que vient de s’achever une séance de spiritisme entre  artisans potiers.

 

 

Par Éric Chevillard
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Jeudi 10 juillet 2014 4 10 /07 /Juil /2014 00:56

On aurait tort de croire que l’évolution naturelle ne concerne que les êtres vivants. Prenons les timbres. De plus en plus souvent dépourvus de dents – lesquelles en effet ne leur servent plus guère dans notre civilisation de papier mâché et recyclé –, ils naissent en revanche avec la petite langue qui leur faisait bêtement défaut et sont désormais autocollants.

 


L’écrivain tourne le dos pour faire face.

 


 

(Mais que dire de la victoire à la Pyrrhus de la souris qui jadis rongeait volontiers nos documents sur les bords – festons et dentelles – mais qui se trouve aujourd’hui employée nuit et jour à leur complète dématérialisation ?)

Par Éric Chevillard
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Mercredi 9 juillet 2014 3 09 /07 /Juil /2014 00:18

Ce dermatologue ne prend plus de nouveau patient. Il faut dire que toutes les héroïnes de roman affligées d’une peau de pêche sont en soin chez lui.

 


À quoi peut-on bien jouer avec un soldat de plomb ? Il en est déjà farci !

 


 

Dieu fit pousser la vigne. Puis il créa l’homme et, par cruauté, sur les dix doigts dont il le dota, il n’en fit pas un seul en tire-bouchon.

Par Éric Chevillard
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