Un Français sur deux souffre du dos, dit-on. J’imagine que c’est celui qui porte l’autre.
J’ai intrigué auprès des autorités et fait jouer mes relations afin que la nouvelle ligne à haute tension traverse mon jardinet. J’ai été exaucé, et maintenant on me jalouse, car ce
privilège m’épargne la dépense de poteaux et de cordes à linge qui précipite tant de foyers français dans les affres de l’endettement. Puis, grâce à quelques pots-de-vin opportunément distribués,
j’ai obtenu que l’autoroute se détourne pour passer sous mes fenêtres et me déposer dix minutes plus tard dans la zone commerciale où je m’approvisionne. Enfin, je viens d’offrir mes dernières
plates-bandes à l’Etat pour la construction du futur aéroport qui mettra demain mon pavillon à huit heures d’avion de l’Empire State building porte à porte.
Chien fou est appelé l’homme qui cille dans un jardin japonais.