Aussi loin que s’étend la nuit s’allonge aussi la patte de la panthère noire.
La mémoire parfois nous ramène obstinément en un lieu de notre passé – pour moi une sorte de terrain vague à la sortie de la petite ville où j’ai passé mon enfance, plus précisément entre le mur
gris et la barrière blanche qui en marquaient l’accès –, alors même qu’aucun souvenir particulier ne s’y rattache, lieu quelconque fréquenté autrefois, lieu désaffecté. Son image revient pourtant
régulièrement dans nos songeries, s'impose aussi de façon récurrente comme le décor où nous plaçons malgré nous les récits que nous lisons. Impossible de sortir de cette ornière,
de cette hantise, prémonition peut-être de la tombe.
J’ai croisé le vieux Narcisse. Curieusement son visage n’était pas ridé, mais croupi.