• 574 (30/05/2009 )
    Quelle tristesse ! Fauché par la gloire en pleine jeunesse ! Nous sommes toujours un peu accablés de voir un gros s’attabler pour déjeuner, comme si c’était vraiment pour lui la dernière chose à ...
  • 573 (29/05/2009 )
    Il fait son pain, son savon, son fromage ; mais savoir ensuite quel est quoi, cela puise à une autre science et il avoue ne pas toujours très bien les distinguer lui-même. Tout condamné à mort ...
  • 572 (28/05/2009 )
    Il achève l’écriture de son livre et tout ce qu’il a vécu durant cette période reste enclos dans ces pages. Le découpage bibliographique favorise la remémoration biographique. Privilège de ...
  • 571 (27/05/2009 )
    Elles se répandent dans les rues de nos villes, semant la terreur et le malaise avec leur casque de cheveux bleus ou mauves, leur visage scarifié, leur véhément délire. Ce sont les vieilles dames ...
  • 570 (26/05/2009 )
    Les douze planètes habitées qui viennent d’être découvertes confirment donc, en même temps que l’extraordinaire variété des formes de la vie – puisque ces créatures présentent une complexion ...
  • 569 (25/05/2009 )
    Xavier Darcos attendait Agathe sur le seuil de la halte-garderie. Après une fouille consciencieuse, il lui confisqua le hochet contondant qu’elle agitait, reconnaissons-le, de façon extrêmement ...
  • 568 (24/05/2009 )
    Ou c’est un lavabo qui fuit ou c’est un cygne dans un lac. Je m’installai aux commandes de ma machine à explorer le temps. Mais où aller ? Je savais suffisamment quel champ de ruines est le passé ...
  • 567 (23/05/2009 )
    À chaque fois qu’un homme parvient à faire voler le plomb, il se trouve un faisan ou une bécassine pour ruiner sa démonstration en s’interposant bêtement. Jugeant que ma fille était suffisamment ...
  • 566 (22/05/2009 )
    Il cessa d’écrire ; et bientôt les pages blanches eurent recouvert toute trace de son passage sur cette Terre. J’ai d’autant mieux vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué que j’ai pu ...
  • 565 (21/05/2009 )
    Pas du tout ! C’était à Croisset, faubourg de Rouen, dans les jardins de Flaubert. On croit volontiers que l’aphorisme est une proposition impersonnelle, formulée par une voix neutre, détachée, ...
  • 564 (20/05/2009 )
    J’avais si bien repoussé mes limites que je me retrouvai, tremblant, sur le territoire du tigre. Ces frères jumeaux se donnent rendez-vous chaque jour à midi dans le café où j’ai mes habitudes. ...
  • 563 (19/05/2009 )
    Je l’ai croisée ce matin, la belle passante que tour à tour Nerval (elle était une jeune fille encore) puis Baudelaire (elle était veuve déjà) ont évoquée. Comme elle trotte ! Elle ne s’arrêtera ...
  • 562 (18/05/2009 )
    Tous les jours, je trouve cet homme devant ma porte. Et tous les jours, il s’écrie – encore vous ! J’arrache furieusement ses cheveux. Je démets ses membres un à un. J’écrase sa tête sous mon ...
  • 561 (17/05/2009 )
    Et si nous préférions les écrivains morts aux écrivains vivants non tant pour ce qu’ils ont écrit que parce qu’ils n’écrivent plus ? Les tanches étanches étanchent pourtant bien leur soif. Nul ne ...
  • 560 (16/05/2009 )
    Bientôt sur nos écrans...  Marion Cotillard joue Cécile de France interprétant Audrey Tautou en Coco Chanel. La haine monte comme le désir ; d’un coup les muscles se bandent, la tête se vide – ...
  • 559 (15/05/2009 )
    Ce pourra être par exemple – ce le fut pour moi l’autre jour – un jardin d’herbe haute sur une pente avec son portillon de bois vermoulu et le soleil dessus. Nous le voyons pour la première fois ...
  • 558 (14/05/2009 )
    Si foudroyant, le progrès, que les bouffées de fumée noire des moteurs récalcitrants se sont substituées aux petits nuages de poussière que nos claques soulevaient bien vainement jadis sur la ...
  • 557 (13/05/2009 )
    D’accord, d’accord, oui au discours, oui au programme, oui aux sorties de la semaine, j’arrête de faire le malin, j’arrête de faire le fier, j’achète, j’adhère, je lâche prise – et alors, est-ce ...
  • 556 (12/05/2009 )
    J’ai bien peur d’être un peu paranoïaque, me confia-t-il, mais je le rassurai, nous pensions tous effectivement beaucoup de mal de lui et nous ne nous gênions pas pour le claironner dans son dos. ...
  • 555 (11/05/2009 )
    On voudrait offrir une digne sépulture au manteau, au stylo fidèles qui ont fait leur temps. Mais le tri sélectif ne prend pas en compte la douleur de ces séparations. N’est-ce pas pitoyable ? Un ...
  • 554 (10/05/2009 )
    Non seulement il taxe une cigarette à cette inconnue, mais il envisage dans un second temps de coucher avec elle ! Une bibliothèque est une maison que l’on bâtit dans sa maison, qui en redouble ...
  • 553 (09/05/2009 )
    Dans le bar où j’ai mes habitudes, où je n’ai qu’à paraître pour qu’un grand café vienne de lui-même se poser sur ma table, partant du comptoir, après quelques évolutions habiles et gracieuses ...
  • 552 (08/05/2009 )
    Comment pourrais-je ajouter foi à l’opinion que les autres ont de moi quand la mienne propre me semble déjà scandaleusement subjective et partiale ? Il est si vieux, si sec, si rabougri que ...
  • 551 (07/05/2009 )
    Pierre Michon que l’on aperçoit de loin en loin, ici ou là, éméché, cynique, en désordre comme un qui a sauté avec sa bombe, et qui tous les cinq ans publie un livre imparable où la littérature ...
  • 550 (06/05/2009 )
    tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico tico ...
  • 549 (05/05/2009 )
    Quelquefois pourtant, nous croisons des hommes auxquels l’existence semble avoir réservé la faveur d’un traitement personnalisé, un programme individuel, c’est bien cela, avec ses ravages et ...
  • 548 (04/05/2009 )
    Ils s’amourachent d’une peluche grotesque et bientôt borgne sans laquelle ils ne peuvent trouver le sommeil ni la paix mais dont ils se débarrassent néanmoins au sortir de l’enfance pour éviter ...
  • 547 (03/05/2009 )
    Petites causes, grands effets. Il aura suffi d’un grain de sable, imaginez-vous ça, un grain de sable minuscule dans mon œil pour que je verse une larme. La force de continuer n’est rien d’autre ...
  • 546 (02/05/2009 )
    Où ? Partout. Comment ? On ne le sait que trop. Mais j’attends toujours que l’on me dise pourquoi.
  • 545 (01/05/2009 )
    Dans la nuit, la tête sur l’oreiller, au lieu de dormir je songe à tout ce qui m’attend le lendemain. J’accomplis en pensée tous les gestes et tous les actes qu’il me faudra exécuter, je prépare ...

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