Mardi 6 mai 2008

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Lorsque, poussant dans les rues le landau d’Agathe, je croise semblable attelage d’un père et de son bébé, nous échangeons une grimace de connivence qui signifie aussi que nous étions programmés peut-être pour nous rencontrer plutôt sur un champ de bataille, sur la lice ou sur le ring, et que les mœurs des hommes évoluent curieusement.



Le sourire de C. penchée sur notre fille repousse à gauche et à droite, derrière les oreilles, toutes les rides du vieux monde.



Élu des dieux, coiffé de lauriers ardents, eh bien pas tout à fait, le poète contemporain est plus souvent un dépressif loqueteux fort peu aimable dont l’œuvre s’amenuise et fond de florilèges de ses plaquettes épuisées en anthologies de ses recueils pilonnés jusqu’au précipité ultime du bonhomme lui-même dans la tombe : quelques lugubres pipeaux.

par Éric Chevillard
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