• 371 (30/10/2008 )
    Comme je mettais la dernière main à Bouvard et Pécuchet, mon nouveau livre, après six années de travail acharné, un ami m’informa que ce titre existait déjà. Pénible coïncidence, et d’autant plus ...
  • 370 (29/10/2008 )
    Si je me fais aimer de ma fille, ma disparition un jour sera pour elle une souffrance atroce ; afin de lui épargner ce chagrin, je la bats comme plâtre. Du matin au soir, je frappe la pauvrette, ...
  • 369 (28/10/2008 )
    J’essayai de faire bonne figure dans l’arbre des oiseaux magnifiques, parmi les calaos, les perroquets, les toucans, les paradisiers, j’essayai de faire bonne figure en souriant de toutes mes ...
  • 368 (27/10/2008 )
    L’écrivain doit défendre contre tout le monde la solitude qui lui est nécessaire pour écrire afin de sortir de sa solitude. Il arrive qu’une idée qui m’était venue s’échappe, laissant un vide ...
  • 367 (26/10/2008 )
    Je modelai le corps de mon ennemi dans la cire. Puis je plantai sauvagement dans cette figurine mille aiguilles acérées. Le lendemain, ce pignouf contrefait et loqueteux défilait pour un grand ...
  • 366 (25/10/2008 )
    Les lutins sont des créatures légendaires, dis-je pour information à ce minuscule gnome barbu coiffé d’un bonnet pointu qui me faisait des pieds de nez, juché sur une souche –  et je le vis se ...
  • 365 (24/10/2008 )
    Il a une telle conscience de son génie qu’il n’adresse plus la parole à personne, certain de n’être pas compris, si bien que lorsqu’il se trouve en bout de table, il mange sa salade sans sel. La ...
  • 364 (23/10/2008 )
    La pire brute décalotte son œuf à la coque avec de petits gestes de grand-mère. Profitons-en pour déposer un baiser sur son front. Je ne ferais pas de mal à une mouche. Sept d’un coup, c’est un ...
  • 363 (22/10/2008 )
    L’effort littéraire de nommer, de conter, d’inventer ne produit peut-être que de l’encombrement, du ralentissement ; oui, peut-être ne faisons-nous que nous empêtrer dans les livres : s’y ...
  • 362 (21/10/2008 )
    Ayant été durant toute ma scolarité le meilleur élément de ma classe en français, n’est-il pas un peu surprenant que mon nom ait soudain complètement disparu de la tête du classement ? Je n’ai ...
  • 361 (20/10/2008 )
    Toutes ces fessées que son père ne lui a pas données et qui claquent aujourd’hui à contretemps sur son maudit djembé. Je ne voterais pas pour moi car lorsqu’une brigade de police embarque le ...
  • 360 (19/10/2008 )
    Ayant perdu un gant, j’ai dû faire en toute hâte l’acquisition d’un faucon. La fonte des glaces met au jour les corps parfaitement conservés d’explorateurs qui se croyaient, au prix de cette mort ...
  • 359 (18/10/2008 )
    C’est un prestidigitateur honnête, sincère, loyal, d’une parfaite droiture et sans afféteries. En un mot, il est nul. Fermement résolu cette fois à aller jusqu’au bout, je m’attablai ce matin à ...
  • 358 (17/10/2008 )
    Les puérils petits trains blancs pour touristes qui sillonnent depuis quelques années nos îles et nos villes suffisent à changer celles-ci en parcs d’attractions ; leurs habitants peuvent bien ...
  • 357 (16/10/2008 )
    Discutera-t-on encore ma vocation d’écrivain quand on saura qu’à l’adolescence, au seul énoncé du mot Suède, si mon érection était aussi immédiate et solide que celle de mes camarades, ce n’était ...
  • 356 (15/10/2008 )
    Rencontrant sur ce chemin de campagne, à quelques mètres de distance, deux limaçons qui le traversent péniblement, mais l’un de gauche à droite et l’autre de droite à gauche, il m’apparaît que ...
  • 355 (14/10/2008 )
    L’homme est en train de détruire sa planète. Il va y arriver. Il y aura de grands désastres, des populations décimées, mais nous survivrons en tant qu’espèce. Nous quitterons le navire à temps, ...
  • 354 (13/10/2008 )
    L’efficacité des tandems comiques repose en grande partie sur la disparité d’allure et de silhouette des deux partenaires. Citons Laurel et Hardy, Bourvil et de Funès, Houellebecq et BHL. Il me ...
  • 353 (12/10/2008 )
    Les combinaisons de sport ultra moulantes que l’on fait aujourd’hui ne pardonnent pas. Les plus sveltes même paraissent ventripotents là-dedans, semblables à ces insectes tout en pattes et ...
  • 352 (11/10/2008 )
    Les envoyés spéciaux des journaux télévisés à New York affectent pour évoquer la chute du Dow Jones des airs si catastrophés que l’on s’attend à voir s'effondrer une à une dans leur dos les tours ...
  • 351 (10/10/2008 )
    Prospèrent le marchand de layette, le marchand de poussettes, le marchand de jouets, le pharmacien... Le tort du quincaillier déficitaire est de ne pas proposer une gamme de produits pour ...
  • 350 (09/10/2008 )
    Voici quelques semaines, durant notre promenade quotidienne, ma compagne, notre fille de cinq mois et moi-même débouchâmes, au détour d’un chemin il est vrai particulièrement tortueux, dans le ...
  • 349 (08/10/2008 )
    Lorsqu’un de nos amis emploie spontanément un mot que nous ne lui avions jamais entendu prononcer, il nous échappe tout à coup entièrement, chacun de nous étant aussi et peut-être d’abord ...
  • 348 (07/10/2008 )
    Le goût du public est si mal placé que l’écrivain doit savoir qu’il perd un lecteur à chaque fois qu’il apporte à son manuscrit une correction bienvenue. Bonne médecine, le rhum abrège le rhume. ...
  • 347 (06/10/2008 )
    Offrir des fleurs, nous savons le faire, avec tact, avec élégance, avec modestie, mais porter le bouquet dans la rue depuis la boutique du fleuriste jusque chez nos hôtes sans un vif sentiment de ...
  • 346 (05/10/2008 )
    Il fabrique des sabots à l’ancienne, dans une pièce de bois. Cela vous fait toute une vie, argumente-t-il. Et même davantage si l’on prend soin de remplacer régulièrement le géranium dedans. Si ...
  • 345 (04/10/2008 )
    La rue est étroite et la personne qui arrive en face m’est connue. Il va falloir se saluer, causer. Ou alors rapidement je dégaine et je tire.
  • 344 (03/10/2008 )
    Si tout à coup les êtres que nous aimons se multipliaient à l’identique, si la belle amoureuse et l’ami cher se dupliquaient infiniment, si le monde se peuplait d’adorables Agathe... n’est-il pas ...
  • 343 (02/10/2008 )
    Ils sont liés par un indéfectible copinage. L’odeur de gomme était si forte, si prenante, si grisante dans ce magasin de cycles que j’achetai aussitôt le vélo le plus cher et le plus rapide afin ...
  • 342 (01/10/2008 )
    Pour certains, l’enfance est une sorte d’état maladif où ils se sentent très diminués et dont ils sortent heureusement guéris à la maturité ; pour d’autres, c’est au contraire lorsqu’elle ...

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