• 401 (29/11/2008 )
    De même que dans la masse confuse des nuages se forment quelquefois par hasard une belle tête de cheval, un parfait profil d’aigle, il arrive que notre œil isole dans le galimatias de cette prose ...
  • 400 (28/11/2008 )
    C’est une fausse blonde mais tout le reste est vrai, la cervelle d’oiseau, l’amour exclusif de soi, l’innocente cruauté, le charme de chaque geste rompu par un rire idiot, ma confusion, ma ...
  • 399 (27/11/2008 )
    Néant, c’est encore trop dire pour signifier le néant. Avouons que nous nous représentons en imagination des écharpes de brumes, des brouillards. Il faudrait dissiper ces fumées et nous croyons ...
  • 398 (26/11/2008 )
    D’un geste maladroit, il casse un vase précieux, rare, auquel je tenais, qui était aussi un tendre souvenir. Le lendemain, confus, il sonne chez moi et m’offre pour se faire pardonner un ...
  • 397 (25/11/2008 )
    Vingt-cinq Somaliens hâves et fiévreux entassés dans une chaloupe de dix places s’échouent sur une plage européenne où ils sont accueillis comme une marée noire.       Emploi, employé, demandeur ...
  • 396 (24/11/2008 )
    Ce n’est pas demain que l’homme posera sa fusée dans le petit monde de la musaraigne.       Sur le banc des quatre vieillards devant lequel quotidiennement je passe, ce jour-là, il en manquait ...
  • 395 (23/11/2008 )
    Comme tous les socialistes, je suis aujourd’hui douloureusement partagé. Une moitié de moi voudrait fuir Ségolène et l’autre moitié éviter Martine.       Un caillou dans sa chaussure le faisait ...
  • 394 (22/11/2008 )
    La méduse s’imagine sans doute que si elle n’était pourvue de ces défenses urticantes, nul ne pourrait résister au désir de la peloter. C'est aussi la crainte du misanthrope, et ma foi...       ...
  • 393 (21/11/2008 )
    Elle s’éprend du guitariste. En concert, il est si beau. Et sa musique ! Elle se faufile au premier rang, elle écarte ses rivales tout aussi énamourées, elle épouse le guitariste. Puis celui-ci ...
  • 392 (20/11/2008 )
    Coin Coin Coin, fait le canard, esquissant déjà le triangle de sa prochaine migration. J’attribuai le vieux visage que je me voyais dans ce miroir à son cadre de bois doré et ouvragé. Flux tendu ...
  • 391 (19/11/2008 )
    Punition immédiate pour le jongleur, assommé, le musicien, hué, le funambule, tétraplégique, seul l’écrivain peut être impunément un parfait gougnafier, avec encore l’espoir d’en tirer gloire et ...
  • 390 (18/11/2008 )
    Une récente découverte vient bouleverser notre connaissance des lépidoptères. Hé non ! le papillon n’est point pourvu d’une délicate paire d’ailes joliment ornées : ce sont deux oreilles ...
  • 389 (17/11/2008 )
    Une ville moyenne. Les seuls habitants connus de tous sont les fous aboyeurs, les péroreurs délirants, les apostropheurs dipsomanes, les travestis extravagants. Une dizaine de personnalités ...
  • 388 (16/11/2008 )
    Mais n’eût-il pas été d’un meilleur rapport de vendre séparément le carton et la ficelle ? Palper pour le carton, palper pour la ficelle. Mais non, un seul lot pour le carton et la ficelle. Tu ...
  • 387 (15/11/2008 )
    Je reviens dans quelques minutes, ces mots écrits sur un bout de carton découpé qu’il suspendait à la poignée de sa porte lorsqu’il partait en promenade. Si pourtant cette promesse était tenue et ...
  • 386 (14/11/2008 )
    Visage familier du comédien célèbre croisé dans la rue, qui ne manifeste pourtant aucun signe de reconnaissance à notre endroit. Curieuse expérience d’une relation ancienne mais unilatérale qui ...
  • 385 (13/11/2008 )
    Rendu fou de rage par l’iniquité de ce monde, j’ai jeté mon livre dans la foule des boulevards. Puis un autre exemplaire encore, par une fenêtre ouverte, à l’intérieur du palais. Ce double ...
  • 384 (12/11/2008 )
    HO ! EST-IL DONC IMPOSSIBLE DANS CE PAYS D’ACQUÉRIR UN BONNET QUI ÉVITERAIT L’OTITE À MA FILLE DE SIX MOIS SANS POUR AUTANT L’AFFUBLER D’OREILLES DE CHIEN OU DE LAPIN ? HO ! INDUSTRIE TEXTILE, JE ...
  • 383 (11/11/2008 )
    Nous ne voyons plus les bibelots supposés orner notre intérieur. Ils ont su se rendre invisibles au moment même où nous allions les prendre en horreur. C’est la condition de leur survie. Abolis ...
  • 382 (10/11/2008 )
    J’épousai une hache. J’aimais quand elle se laissait aller sur mon épaule, mais il lui arrivait aussi de se jeter contre ma poitrine. Alors j’épousai une corde. J’aimais quand nous nous ...
  • 381 (09/11/2008 )
    Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai le Théâtre des deux ânes. Un tremblement de terre terrible, qui arrachait les maisons à leurs fondations et pliait en deux les arbres. Je restais ...
  • 380 (08/11/2008 )
    Faut-il être mal avisé ! Il ne demande jamais l’heure qu’à de jeunes femmes blondes à la taille fine et à la poitrine opulente alors que le trottoir grouille de petits hommes gris aux physiques ...
  • 379 (07/11/2008 )
    Il n’est pas si difficile de se tenir sur des échasses. Puis arrive le moment de plonger vivement la tête sous l’eau pour happer un goujon. J’écris, je suis le sage Milarepa vêtu d’une simple ...
  • 378 (06/11/2008 )
    Certes, les Américains ont élu un président jeune, un président noir, un président démocrate, nous pouvons les en féliciter tout en observant cependant qu’ils n’ont pas poussé l’audace jusqu’à ...
  • 377 (05/11/2008 )
    À bord du Transsibérien. Les ressorts des matelas – fort minces – sont les suspensions ultrasensibles du train. La Terre est décidément ronde et l’on reconnaît partout sa courbure familière. ...
  • 376 (04/11/2008 )
    Dans cette pochette exhumée d’un carton, une vingtaine de clichés. Je suis photographié à Venise en octobre 96. Ah ça ! il est incontestable que la ville s’est sacrément dégradée depuis ! Elle a ...
  • 375 (03/11/2008 )
    De deux choses l’une : ou bien les publicités sont nulles et vulgaires et alors elles galvaudent et bafouent nos sentiments et nos aspirations les plus nobles (l’insupportable petite famille, la ...
  • 374 (02/11/2008 )
    La population des maisons de retraite est presque exclusivement féminine. On compte dix vieilles pour un vieux. La disproportion est flagrante, douloureuse, angoissante, y compris pour ces dames ...
  • 373 (01/11/2008 )
    Dans mon grenier, gisait cet objet saugrenu que je détaillai avec perplexité : sans forme, sans dimensions, sans poids – l’avenir sans doute, pensai-je –, mais déjà la poussière était dessus et ...

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