Vendredi 1 février 2008

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Il est bon de parler aux plantes, mais on peut leur causer aussi un tort considérable. Je sais par exemple que les exploitants criminels de la forêt amazonienne déboisent chaque jour un espace équivalent à trois cents terrains de football rien qu’en lisant à haute voix une page d’Alexandre J. sous les frondaisons.



Sans doute le livre est-il un produit de série et pourtant j’ai toujours trouvé obscènes et aberrantes, en librairie, les piles démesurées du roman à succès de l’heure. Quel qu’il soit, il ne peut plus être question de littérature, nous versons dans autre chose, un phénomène de masse. Grégarisme du lecteur-consommateur absolument contraire au principe d’élection qui préside à la découverte d’un écrivain original avec lequel toujours d’une certaine façon l’on s’isole. Le véritable amateur reste pour moi celui qui contourne les piles et va extraire dans les infinis rayonnages du libraire un mince volume des éditions Fata Morgana.



Quel livre emporterais-je sur les plages de la Côte d’Azur ? Robinson Crusoé.

par Éric Chevillard
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