Vendredi 14 mars 2008

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Avisant la princesse de Clèves dans les allées du Salon du livre, ce matin, notre souverain se serait détourné d’elle avec dédain en lui lançant casse-toi, pauvre conne ! 



Comme je lève la tête de la page que j’ai noircie de quelques mots et de nombreuses ratures pour respirer un peu d’air en surface, dans ce café où j’ai mes habitudes, je remarque, assis non loin à une autre table, un homme curieusement agité de tics et de gesticulations absurdes : il se penche jusqu’à s’étaler puis aussitôt se renverse en arrière, mâche sa lèvre inférieure avec un appétit de bête peu soucieuse de ce qu’elle avale et fait tourner entre ses doigts compulsivement, comme la majorette son bâton, un crayon, car voilà, ce type est lui aussi en train d'écrire et dès lors moi j’arrête.



Je n’achète jamais rien dans les salons du livre. J’attends le vide-grenier qui suit.

par Éric Chevillard
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