On me voit avec un Montaigne, un Joyce, un Kafka, mais en vérité, sous les couvertures arrachées de ces livres, je dissimule sournoisement un petit carnet vierge dans lequel, feignant de
lire, j’écris de la littérature facile.
Elle me raconte son agression, le vol de son sac, et précise un peu gênée que les deux voleurs étaient d’origine maghrébine tout en ajoutant aussitôt qu’elle n’est pas raciste, à quoi je réponds
que si, elle l’est, sans quoi elle se serait débrouillée pour se faire détrousser par deux Français de souche.
Quand l’orage tonne et que la foudre menace, la girafe compte ses vrais amis.