À chaque fois qu’une personne nouvelle lui est présentée, il évalue secrètement ses aptitudes aux fonctions de personnage : ce nez comme un trumeau, pas mal, cette âme coupable et
tourmentée, parfait, ce destin lamentable, excellent ! Mon cher, je crois que nous sommes faits pour nous entendre. Parlez-moi un peu de vous, je veux tout savoir... Plus tard, le
romancier n’aura pas toujours l’honnêteté de reconnaître qu’il a rencontré son anti-héros chez des amis communs.
Il préfère dormir nu. Son pyjama plié dans l’armoire n’en est pas moins ridicule.
Pour laisser une trace de ton passage en ce monde, tu dois écrire un livre, avoir un enfant et planter un arbre, dit le proverbe. Mais je joue de malchance et mon anéantissement est
sûr : impossible de trouver un gland.