Jeudi 8 mai 2008

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Je me demande tout de même parfois si Agathe n’est pas un peu trop jeune pour moi.



Bas les masques : sous le loup noir du raton laveur se cache quelquefois un panda.



Nombre d’écrivains ont un compte à régler avec leur laideur. Pour un bellâtre façon Chateaubriand, combien de Balzac, de Léautaud, de Sartre, combien de Scarron ou de Lichtenberg bossus et contrefaits ? Je ne nommerai pas ici certains de nos contemporains ; ils se reconnaîtront, hélas. Pourtant, la laideur est un bon signe chez l’écrivain, elle est presque toujours garante de qualité. Ce vilain mollusque va sécréter la coquille nacrée qui le rachètera à ses yeux et le justifiera aux yeux du monde. Il y a trop de jolis jeunes gens parmi nos écrivains récemment recrutés. Ils n’ont rien à prouver, rien à conquérir. Le monde s’ouvre quand ils paraissent. Leur prose restera aussi superficielle qu’une photographie de mode.

par Éric Chevillard
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